Chaque mouvement de yoga égyptien doit être coordonné avec une des phases du mouvement respiratoire. Le yoga égyptien est une véritable méthode de rééducation de l’appareil respiratoire et de prise de conscience du souffle. Comme dans le hatha-yoga, les respirations s’effectuent uniquement par le nez, sauf dans certains exercices de type vibratoire. Pour que la respiration puisse devenir de plus en plus ample et profonde, il faut veiller à ralentir le geste. Même un geste aussi simple que celui qui consiste à fermer ou a ouvrir la main doit être effectué le plus lentement et le plus consciemment possible.
Certaines phases des mouvements doivent normalement s’effectuer en retenant l’air inspiré à l’intérieur des poumons. Cette technique stimule les alvéoles pulmonaires, favorise l’oxygénation et la régénération du corps, en même temps qu’elle agit sur les circuits énergétiques du corps subtil. Néanmoins, il convient d’éviter de trop prolonger les phases de rétention du souffle. Pour certaines personnes, notamment les personnes cardiaques ou les personnes sujettes à des baisses de tension, ces phases peuvent même être formellement contre-indiquées. Là encore, il convient d’être à l’écoute de son corps et d’éviter tout ce qui peut être source de gêne ou de malaise. Il est toujours possible d’effectuer le mouvement proposé en se contentant de respirer profondément.
Il vous sera parfois demandé de garder certaines postures durant plusieurs respirations lentes et profondes basées sur le rythme 7-4-7. Ceci veut dire que vous aurez à harmoniser, à contrôler votre respiration en comptant mentalement jusqu’à 7 pendant l’inspiration, 4 pendant la rétention de l’air inspiré dans les poumons, 7 pendant l’expiration. Il s’agit la d’un rythme de base qui peut être modulé suivant les possibilités de chacun. Les adeptes chevronnés peuvent multiplier par 2, 5 ou 4 les chiffres
de ce rythme de base. Par contre les néophytes ou les personnes pour lesquelles toute rétention prolongée du souffle serait gênante ou contre-indiquée peuvent s’abstenir de la phase de rétention du souffle ou réduire considérablement la durée de celle-ci en la ramenant et I, 2 ou 3. Les débutants devront également s’abstenir de chercher dès le début à étirer au maximum les phases d’inspiration et d’expiration. Avec un peu de pratique, leur respiration se fera d’elle-même ample et profonde.
Durant les phases respiratoires basées sur le rythme 7-4-7, évitez de provoquer volontairement un intervalle d’apnée respiratoire entre l’expiration et l’inspiration. L’apnée respiratoire avec les poumons vides ne doit pas résulter d’un effort volontaire. Laissez-la se faire spontanément, si elle doit se faire. Sinon contentez-vous des trois temps respiratoires mentionnés plus haut : inspiration, légère rétention de l’air inspiré, puis expiration.
En matière de respiration profonde, certaines écoles de hatha-yoga recommandent de commencer par la respiration haute ou claviculaire, d’autres recommandent de commencer par la respiration abdominale. En yoga égyptien, la question ne se pose pas,
car le mouvement clef, le mouvement de l’aigle, fait intervenir successivement et de manière tout a fait naturelle les deux types de respiration. Au cours des premières et des dernières séquences du mouvement, la respiration commence automatiquement par l’étage abdominal. Au cours des séquences médianes, elle commence automatiquement par l’étage claviculaire.